Transcription
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Monseigneur, à mon retour de La Borde, où jay seiourné huit
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ou dix jours, je nay trouvé en ceste ville nouvelles dignes
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de vous, sinon que le roy et la royne sont à Chenonceau
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sans conseil et le conseil est à Bloys sans roy ; toutesfoys
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on dict que leurs magestez seront audit Bloys dans la
6sepmaine prochaine et y feront quelque seiour [barré : silz ] cella pourra
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estre cause que je passeray par là pour dire mes adieux,
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mais sy la court est plus esloignée, je prendray le droict
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chemin et diray à Dieu de loing. Je ne puis departir de ceste
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que environ le XVe de ce moys et ne masseure destre à Grenoble
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plustost que le XVe du prochain. Les royne et prince de
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Navarre estoiet partis de La Rochelle pour aller en Beard.
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Aucuns dient que cest pour recouvrer deniers et retourner incontinant
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et qu’on tient le mariaige pour faict. Les aultres doubtent
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de tout jusques à ce que leffect soit ensuivy. Monsieur
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de Paris est party ce jourdhuy pour aller en Avignon et, delà,
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en Piedmont veoir sa seur, madame la contesse de Pancallier.
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Monsieur et madame d’Aumalle sont allez à Joynville pour les
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couches de madame de Guise. Je finiray ma lettre par mes
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humbles recommandacions à vostre bonne grace, priant le Createur vous
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conserver
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Monseigneur, en sa tres saincte et digne garde. De Paris, ce
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IIIIe jour de septembre 1571
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Vostre à jamais plus fidelle et plus
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affectionné serviteur
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Truchon
